Goodbye Jack à Jacksonville !Florida Football Tour 2001 Episode 12 - Le réveil tardif des Jaguars aura raison de coach Del Rio

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Maurice Jones-Drew s'échappe
Maurice Jones-Drew s'échappe (Thomas Savoja, FA.com)
le 02/12/2011 à 21:35 par Thomas Savoja

L'EverBank Field
L'EverBank Field (Thomas Savoja, FA.com)
Il faut trois heures de routes pour rejoindre Jacksonville depuis la Floride Centrale et Cap Canaveral. Je file tranquillement le long de l’Interstate 95 en pestant contre les nuages qui s’accumulent dans l’horizon. Ce n’est pas aujourd’hui que les conditions de lumière seront optimales. Ma voiture engloutie l’essence telle un puits sans fond et il me faut à nouveau faire une pause dans une obscure station Texaco de bord de route.

Je serais donc dans quelques minutes à l’EverBank Field de Jacksonville  pour terminer en beauté ce périple floridien par la rencontre de NFL entre les Jaguars et les Texans. C’est la deuxième fois que je verrais jouer les Texans mais ce choix est purement fortuit. D’après les dernières rumeurs Andre Johnson serait de retour de blessure après 6 matchs d’absence et c’est Matt Leinart qui reprendra les reines de l’attaque après le forfait pour la saison de Matt Schaub.

Mais mes yeux seront rivés côtés Jaguars sur Maurice Jones Drew, un joueur qui a toujours aiguisé ma curiosité et il y a plusieurs raisons à cela. Son jeu spectaculaire lié à son gabarit de lutin monté sur ressorts est certainement un élément mais il y a une autre dimension qui m’a intéressé dans le personnage.

L'échauffement de Landry
L'échauffement de Landry (Thomas Savoja, FA.com)
Né à Oakland en Californie, Maurice fréquente les bancs de la « De La Salle High School » à Concord au nord de San Francisco. Cette école m’est familière puisque j’ai eu la change d’y faire un crochet l’an dernier lors de mon trip Californien. Le coach Bob Ladouceur y a forgé l’une des plus belle machine à gagner du pays, tout sport confondu signant notamment une série de 151 match de rang sans défaites. Le début des années 2000 correspond à l’apogée de cette dynastie et Maurice Drew en est le fer de lance. En prime time à la TV US, il crève l’écran en finale du championnat de Californie face à Cal Poly. Pour ceux que cette épopée intéresse, je conseille d’ailleurs la lecture du livre « When the Game Stands Tall » qui relate cette épopée. 

Courtisé par les plus grandes facs, Maurice signe à UCLA à la sortie de DLS et s’impose rapidement comme un joueur majeur au niveau universitaire battant tous les records de l’université pour ce qui est du jeu au sol et ce malgré son gabarit de poche. Elevé par son grand-père dont il est très proche, Maurice a la douleur d’apprendre à la mi-temps d’une rencontre face à Rice au Rose Bowl que celui-ci vient d’être victime d’une crise cardiaque dans les tribunes. Il quitte alors précipitamment le stade pour rejoindre l’hôpital mais il est trop tard. Désormais et afin d’honorer le nom de son grand père il se fera appeler Maurice Jones – Drew et restera habité par cette épreuve pour le reste de sa carrière. Peut être est ce là qu’il puise la motivation qui lui fait transpercer ces murailles de mastodontes chaque semaine ?

Les danseuses en mode paramilitaire
Les danseuses en mode paramilitaire (Thomas Savoja, FA.com)
Le stade est situé à Midtown non loin du centre ville de Jacksonville. L’arrivée permet de jouir d’une vue panoramique depuis la bretelle d’autoroute qui enjambe la St John river et ses eaux saumâtres. Je gare mon véhicule sur une pelouse un peu éloignée avant de partir en éclaireur du côté du Fan village ou se concentrent les attractions. J’aime bien ce côté Village, c’est très convivial avec tous ces supporters aux couleurs turquoises qui piquent niquent sur les pelouses ou s’adonnent aux activités proposées. Dans l’enceinte même de l’EverBank, des chars d’assaut ont été installé non pas pour assurer la sécurité mais pour rendre hommage aux forces armées. Ont peut les visiter en compagnie de quelques GI’s.

Pour ma part je m’engouffre dans l’entrée presse en porte 2 l’histoire de trouver un endroit pour laisser mes sacs et casser une croute. Je m’incruste dans la salle dédiée au Florida Times-Union le journal numéro 1 de Jacksonville pour préparer mon matériel puis fait un crochet par la « cantine » du stade en passant devant les vestiaires et la salle video dédiée aux débriefs de l’équipe locale qui ressemble d’ailleurs à une véritable salle de cinéma. J’arrive sur le terrain une grosse heure avant le coup d’envoi l’histoire de pouvoir shooter les joueurs à l’entrainement pour cette dernière rencontre du Roadtrip. Gabbert a des allures de Playboy juvénile alors que Maurice Jones Drew a des jambes d’une densité impressionnante. Côté défense le SafetySafety
Signifie deux choses différentes : 1) c'est le plaquage du porteur du ballon dans sa propre zone d'en-but. Cela rapporte 2 points à l'équipe qui l'effectue et elle récupère la possession du ballon. L'équipe victime du safety va alors dégager depuis ses 20 yards au moyen d'un botté façon "punt". 2) c'est un poste en défense. Le safety est en quelque sorte le dernier rempart. Par analogie avec le football "européen", on le qualifie de "libéro".
Dawan Landry est remonté comme une pendule. Il harangue ses coéquipiers pour les motiver entamant une étrange danse de guerre.

L’avant match est comme souvent l’occasion de célébrer quelques personnalités locales et ce sont les vétérans de Jacksonville qui sont à l’honneur. Les Cheerleaders ont revêtues pour l’occasion leurs tenues de camouflage. La mascotte de Jackson ville réalise une impressionnante descente en rappel depuis le haut des projecteurs du stade jusqu’au centre du terrain en agitant deux drapeaux américain. On a bien sur le droit au déploiement d’un drapeau géant sur le pelouse et du passage d’un escadron de bombardiers à l’issue de l’hymne mais je commence à être rodé au cérémonial.

Le #22 Sherrick McManis échappe au défenseur
Le #22 Sherrick McManis échappe au défenseur (Thomas Savoja, FA.com)
Le match commence fort pour les Jags puisque sur la première action de jeu, Arian Foster est percuté par Ashton Youboty qui provoque un fumbleFumble
quand le porteur du ballon laisse échapper celui-ci par maladresse ou suite à un choc. Le ballon est alors à terre mais vivant et c'est la 1ère équipe qui le ramasse qui en prend la possession. Avec les interceptions, le fumble est la seconde façon de rendre le ballon à l'adversaire. Ensemble, ils constituent des Turnovers (pertes de balle). C'est souvent cette stat. qui décide de l'issue de la rencontre.
, le récupère et s’en va marquer grâce à une course de 38 yards. Le public exulte mais on comprend vite que la suite sera plus délicate. Sur les drives suivant, le jeune QBQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs.
Blaine Gabbert éprouve les pires difficultés à enchainer les actions. Il est imprécis dans ses passes, se précipite souvent, mal protégé par sa ligne et au final l’attaque n’avance pas. A contrario les Texans sont plus efficaces. On ne peut pas dire que Leinart soit impressionnant mais en fin de premier quart temps, il orchestre un drive qui permet au RBRunning Back (RB)
Terme générique qui englobe les HB et les FBFullback (FB)
coureur puissant et polyvalent. Il joue le rôle de bloqueur, de receveur et de bulldozer balle en main. Constitue avec les halfbacks (HB), les running backs (RB).
.
Arian Foster de s’envoler au dessus de la mêlée pour marquer un TD sur une course d’un petit yard et égaliser à 7 partout.

Il apparait évident que le playmaker des Jags est leur coureur Maurice Jones Drew que Gabbert cherche d’ailleurs en permanence sur des Screen play. Dans le second quart-temps, il réussi d’ailleurs une belle percée qui permet à J.Scoobe le Kicker de Jacksonville de passer un coup de pied à trois points. Mais la machine Texane s’enclenche alors et Leinart signe 3 drives bonifiés de rang. Sur le premier il touche son TE Dreesen sur une belle passe de 20 yards puis sur les deux suivant c’est le Kicker Nick Rackers qui se met en évidence en passent deux coups de pieds de 53 puis 33 yards. Je suis le début de rencontre du côté Texans mais leur Kicker Nick Rackers ansi que leur receveur Jacoby Jones ont la fâcheuses manie de sortir de la zone dédié aux équipes et de longer le bord de touche pour suivre les actions obstruant ainsi la vue des photographes. Je décide dont de passer de l’autre côté dés que possible.

Le score à la mi temps est de 20 à 7 pour Houston. Je profite de l’intermède pour aller boire un coup dans la salle média ou l’on sert des Hot Dogs à volonté.

Le QB Rookie Blaine Gabbert
Le QB Rookie Blaine Gabbert (Thomas Savoja, FA.com)
Ce score restera a l’identique dans un 3éme quart temps assez léthargique marqué par l’inconsistance de Gabbert qui se fait intercepté et surtout par la sérieuse blessure de Matt Leinart à la clavicule. A croire que je porte la poisse au Texans puisque j’avais été le témoin il y a deux semaines de la blessure de Matt Schaub. Voila donc que c’est désormais TJ.Yates leur 3éme QB qui prend les reines de l’attaque.

Il faudrait un électrochoc pour que les Jaguars reviennent dans la partie et le début que 4éme quart temps est le moment choisi par Del Rio le coach de Jacksonville pour mettre sur le banc son QB Rookie et faire rentrer Luke Mc Cown qui avait débuter la saison. Et franchement c’est le jour et la nuit. Mc Cown accélère le tempo et aligne les passes réussie. Combiné avec quelques courses percutantes de Jones Drew, les Jaguars réussissent à se rapprocher grâce à un Field GoalField Goal (FG)
coup de pied à 3 points effectué le plus souvent en 4ème tentative quand l'attaque a été bloquée. Il est joué depuis l'endroit où la dernière action c'est achevée. En cas de réussite c'est 3 points et engagement. En cas d'échec, la possession change de camp mais il y a deux possibilités : avant le snapSnap
signal de départ de l'action, quand le centre transmet la balle au QB.
, la balle était à l'intérieur des 20 yards, on replacera alors la balle sur la ligne des 20 yards ou elle était placée au-delà des 20 yards, on la replacera au même endroit.
de 30 yards (20-13). Ils ne sont plus qu’à une possession et la fin de match s’annonce palpitante d’autant que la défense tient bon et que les Jags récupèrent le ballon avec un peu moins de 3 minutes au chronomètre.

Ce drive de la dernière chance est symptomatique. Les Jaguars sont dans une bonne dynamique et Mc Cown réussi à avancer y compris sur une 4éme tentative. Ils franchissent le milieu de terrain alors qu’il reste une minute. 3éme tentative et longue, le QB des Jags trouve son receveur mais il doit faire face à une 4éme et 1 et là coup de théâtre, sans demander de temps mort les Jags tentent de forcer leur destin en jouant rapidement une « quick pass » de type slant qui n’arrivera pas à destination grâce à une bonne couverture défensive. Etrange décision que ce coup de poker qui condamne Jacksonville à enregistrer sa 8éme défaite de la saison. Le coach Del Rio n’y survivra pas. Les joueurs se congratulent au milieu du terrain où Andre Johnson entame une longue conversation avec Maurice Drew Jones. Je savoure ces derniers instants sur une pelouse NFL qui marquent la fin de mon trip 2011.

Voilà, je prends mes quartiers à l’Omni hotel situé à 5 minutes du stade. Depuis les 18éme étage du bâtiment je contemple par la fenêtre le soleil qui décline sur les gratte ciels de Downtown. Je descends à pied jusqu’au Jacksonville Landing, complexe de Restaurants et de Shopping sur les rives de la rivière St John. Downtown et déserté mis à part ce petit coin de villégiature ou j’ingurgite une Chicago’s Pizza en suivant le nouveau miracle de Tim Tebow face aux Chargers. Je pars demain pour Paris Via Newark. Je suis un peu sonné en cette fin de périple par l’abondance des images et des émotions vécues ses derniers jours. Il va falloir un peu de temps pour me réhabituer a la vie parisienne.

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  1 2 3 4 OT Final
Jacksonville 7 3 0 3 0 13
Houston 7 13 0 0 0 20
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 Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carriére, j'ai juste manqué de temps certaines fois.  – Bobby Lane

En VO :  I never really lost a game in my career, sometimes I just ran out of times. 

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