Steelers : 2 ecueils offensifs à dépasser.

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le 21/11/2009 à 18:08 par Thomas Depaepe
Mise à jour du 20/10/2010 à 21:03
Cette semaine la décision de Bill Belichick de jouer la quatriéme tentative en fin de match a déchainé les passions de l’autre coté de l’Atlantique : un mauvais choix car il n’a pas fait confiance à sa défense à dit l’ancien capitaine Tedy Bruschi, une peur tenace de Peyton Manning qui le paralyse à rajouté Shannon Sharpe, du brio et du panache ont dit d’autres anciens joueurs. Sans trancher, je dirai qu’il y a un lourd passif entre Belichick/Brady et Manning et donc forcément une volonté de la part de l’attaque des Patriots de terminer le combat sur le match (sur les images Brady semble totalement convaincu, voir proposer le jeu à son mentor) ; en plus, il est logique de donner le cuir à son meilleur élément lorsqu’il faut finir le jeu et plus que la défense, Brady semblait le meilleur élément du match. Concernant l’affront qu’aura peut être ressentie la défense (car Belichick ne leur pas fait confiance en refusant le puntPunt
action utilisée en 4ème tentative et x yards à parcourir. Plutôt que de tenter les x yards, l'attaque choisit de botter le plus loin possible pour faire reculer son adversaire.
), je pense que l’on est dans du théorique tellement la relation entre Bill Belichick et ses hommes est fusionnelle (pensons à Thomas qui a été inactif une journée et qui aujourd’hui à non seulement compris la décision mais s’épanche réguliérement sur le fait que Belichick a eu raison de le remettre en cause).

Mais plus que cette décision de Belichick ou presque tout a déjà été dit, je voulais revenir sur la défaite des Steelers contre les Bengals (maintenant bien en route pour les playoff). En effet, cette défaite a été caractérisée par diverses erreurs offensives qui me paraissent bien plus « graves » que la décision des Pats de jouer un « fourth-down ».

Une incapacité à courir dans la end-zone

Depuis la retraite de Jerome Bettis les Steelers patinent chaque année lorsqu’il faut courir dans la End-zone. La situation est d’autant plus triste que dans les décennies précédentes, les Steelers ont toujours eu des coureurs lourds capables de trouver la brèche à moins de 10 yards de la terre promise : Franco Harris, Franck Pollard ou Barry Foster.
En début d’année, l’équipe pensait avoir trouvé la clef avec Franck « Tank » Summers, mais ce dernier a n’a pu jouer le moindre match avant d’aller à l’infirmerie pour la saison. Il ne restait donc plus que Willy Parker et Rashard Mendhenhall pour aller au charbon. Entre temps, Carey Davis a été signé au poste de FullbackFullback (FB)
coureur puissant et polyvalent. Il joue le rôle de bloqueur, de receveur et de bulldozer balle en main. Constitue avec les halfbacks (HB), les running backs (RB).
mais sa contribution au jeu est mineure.

Menhenhall a pour l’instant pris l’ascendant sur Parker, mais dans la zone rouge, mais le nouveau titulaire reste tout aussi improductif que son prédecesseur comme le montre cette statistique sur ses performances depuis le début de la saison suivant l’endroit d’ou il part :
- Entre ses 1 et ses 20 yards : 8 yards de moyenne par course.
- Entre ses 21 et les 50 yards : 5,2 yards par course
- Entre les 49 et les 20 yards adverses : 7,3 yards par course.
- Dans la end-zone : 1,9 yards par course.


La déception Mendenhall dans la zone décisive est d’autant plus forte que sur le reste du terrain il justifie tout à fait sa titularisation au sein d’une attaque qui se classe dans les 5 meilleures au nombre de yards par action offensive. Si l’on compare avec d’autres coureurs on voit immédiatement que ces 1,9 yards par courses sont insuffisant : Joseph Addai est loin d’être sur les statistiques de Mendenhall mais lui couvre 3,5 yards par course dans la endzone (il a ainsi marqué 6 touchdownsTouchdown (TD)
c'est l'essai qui vaut 6 points et qui peut être transformé au choix à 1 ou 2 points. Il suffit que le ballon pénètre dans la endzone. (pas besoin d'aplatir)
et conquis 12 firstdowns), Lawrence Maroney lui aussi dépasse les 3 yards même s’il est rarement capable d’aller au touchdown, Pierre Thomas est lui un monstre dans la zone rouge avec prés de 4 yards. Dés lors comment expliquer l’incapacité de Mendenhall alors qu’il est impérial ailleurs ?

Pour moi, la ligne offensive doit être en partie pointée du doigt car elle n’arrive pas assez a ouvrir la bréche et a été peut-être un peu surévaluée lors des derniers matchs. Mais surtout le coach offensif Bruce Arians a fait de la zone rouge un espace de suprématie et de défi qui n’est pas favorable au jeu des Steelers lorsqu’ils tombent contre une défense organisée (mais pas hyper talentueuse) comme celle des Bengals.

Un manque de surprise

Autant Bruce Arians a montré depuis de son arrivée sa finesse tactique pour transformer une attaque assez stéréotypée comme l’étaient les Steelers du début du XXIéme siécle et pour donner de la maturité à Big Ben, autant contre les Bengals le jeu a manqué d’innovation et de surprise. Mettre 4 receuveurs sur un jeu de passe, ou un seul sur un jeu de course revient presque a ouvrir son cahier de jeu à l’adversaire. Et c’est ce qu’on fait dans 90% des cas les Steelers lors des jeux décisifs (zone rouge ou lors des 3éme tentatives).

L’interception lancée par Ben Roethlisberger sur une troisiéme tentative et 2 yards était criante de prévisibilité : Arians avait en effet aligné 4 receveurs (dont 3 en bunch sur la droite comme on le voit sur l'image) ce qui laissait forcément à penser à une passe sur des tracés dans la largeur ; les Bengals n’ont ainsi pas eu trop a réflechir pour choisir une man-to-man sur les receveurs les plus rapides (en cas de menace longue) et un couverture de zone pour le milieu du terrain. La défense étant en place, il ne restait que l’action personnelle pour arriver au first-down ; ce qui ne fut pas le cas.

Cette maniére de donner les clés de l’attaque a l’adversaire a été particuliérement dramatique dans les 20 yards adverses : au final, les 4 tentatives de touchdown ont échouées (même si sur une c’est de la faute de Santonio Holmes qui a échappé le cuir) et tant les passes que les courses ont systématiquement été couvertes par Cincinnati.

Pour changer la donne, il faudrait qu’Arians appelle enfin des jeux de passes ou le coureur est une vrai cible et pas un leurre auque plus personne ne croit. Mendenhall n’est tellement pas une cible que lorsqu’il sort sur des jeux de passes personne ne le couvre : il faut maintenant que les Steelers sachent en tirer profit (à moins que Mendenhall ait des mains carrés, ce qu’on ne sait même pas vu qu’on ne lui lance jamais le moindre ballon). Mewelde Moore est lui un peu plus visé et le moins que l’on puisse dire c’est que cela marche : avec plus de 7 yards par réceptions (soit davantage que Reggie Bush et autant que Ray Rice, mais moins que Matt Forte) il est une vrai menace aérienne. Mais Moore n’a vu que 16 fois le cuir, contre plus de 50 pour Rice ou plus de 45 pour Bush ou Forte. Il est enfin temps que les coureurs des Steelers deviennent receveur et cela pour deux raisons : utiliser des solutions de sécurités sur les jeux aériens couverts par la défense, et donner de l’air sur les phase de course dans la zone rouge. En effet, si le coureur peut aussi être un receveur, les actions deviennent moins prévisible et la course (comme la passe) y gagne.

Ce manque de surprise et de volonté de masquer son jeu a été malheuresement encore renforcé par Big Ben qui n’a jamais voulu se débarasser du cuir quand il le pouvait : à force de chercher le gros jeu (qu’il trouve plus souvent que la moyenne) il rend le travail difficile pour sa ligne offensive et prend des sacksSack
plaquage du QB dernière la ligne de scrimmage (perte de terrain).
au lieu de gagner quelques yards.

Pour illustrer mon propos, voici les 4 sacks subis par Big Ben en vidéo :

Bengals sack Big Ben from Dagger on Vimeo.



Sur le premier, on voit clairement que Mendenhall est totalement libre de marquage mais Roethlisberger ne fait même pas signe de lui lancer le cuir.
Sur le second, la défense est préparée à la passe (aucun coureur derriére Big Ben) et elle éxécute parfaitement son jeu même si elle semble avoir un marquage un peu léger sur Matt Spaeth. Si Spaeth n’est pas considéré comme une cible viable, Roethlisberger doit lancer le cuir hors des limites du terrain et prend le sack. Mais nous savons tous que Big Ben ne fait jamais cela.
Sur le troisiéme, on est sur une troisiéme tentative donc je comprend que le quarterbackQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs.
cherche le KO ; mais Moore qui est libre pourrait tout a fait capter le cuir et rejoindre la terre promise. Pourtant la encore, Big Ben refuse de passer le cuir à un coureur.
Le dernier sack est typique du jeu prévisible dans la end-zone : aucun coureur donc des défenseurs qui sont en individuels. Mike Wallace sur un tracés court (bas de l’image) offre une possibilité de passe, mais Roethlisberger ne regarde pas de ce coté et prend le sack ce qui met son équipe à une seconde et 17 yards… dommage.Une attaque trop prévisible (pas assez de screen pass, de jeu aérien avec le coureur), une volonté de chercher systématiquement le K.O dans la zone rouge : deux erreurs tactiques qui ont coutées très cher et que les Steelers vont devoir dépasser très vite pour aller en Wildcards (car les Bengals sont partis pour remporter l’AFC Nord).
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