Pittsburgh : retour à la réalité.

Mise à jour du 20/10/2010 à 21:03
Les Steelers restaient sur 12 victoires consécutives contre les Browns, sur les 19 derniers matchs ils avaient remporté 18 victoires et lors des 20 derniéres années ils n’avaient perdu contre les Browns moins de fois qu’on peut les compter sur les doigts d’une main…. Mais ce jeudi ils ont pris l’eau de toute part contre leur rival de Cleveland, et ce alors qu’ils devaient l’emporter pour rester dans la course aux playoffs.Perdre fait partie du jeu en NFL : chaque week-end, la moitié des équipes perd en NFL (les nuls sont rarissimes). Il y a une dizaine de jours, les Steelers avaient perdu contre les Ravens, mais ils avaient perdu en prolongation et avec panache alors que Roethlisberger, Chris Kemoeatu et Troy Polamalu avaient rejoint Aaron Smith à l’infirmerie. Réduit ils avaient perdu, mais pas un fan ne leur aurait jeté l’opprobre.
Mais ce jeudi la défaite à un tour autre goût : celui d’une défaite honteuse pour une équipe qui il y a un an n’aurait jamais perdu un tel match.
Comme en 2006, l’année suivant le titre les Steelers resteront à regarder les playoffs à la télévision. En 2006, l’équipe avait payé l’accident de moto de Big Ben, cette année elle aura payé des absences multiples et décisives… mais contrairement à 2006 ou l’équipe avait 6 de ses 8 derniers matchs, cette saison elle est en passe de perdre un minimum de 5 de ses 8 derniers matchs.
« Frustrante, décevante et embarrassante »
« Frustrante, décevante et embarrassante » ; ces trois termes utilisés par Hines Ward sont tellement justes, tellement à la hauteur de la ferveur autour de l’équipe qui a remporté deux Superbowl en 4 ans et qui vient de perdre 5 matchs consécutifs. Et pas n’importe quelles défaites : Kansas City, Oakland et maintenant les Browns qui n’avaient qu’une victoire à leur compteur.
« Frustrante » aussi car si l’équipe gagnait ses 4 derniers matchs elle allait en playoff et aurait pu se reveler avec le retour du « game-changer » Troy Polamalu. Et le match contre les Browns semblait être celui qui était le plus abordable sur leur route vers les playoffs. Dans le froid, cela aurait été celui de la fin du rêve et du retour à leur vrai niveau NFL.
Loin de moi l’idée de jeter la pierre à cette équipe qui nous a fait rêver, mais il faut être réaliste car comme l’a reconnu Ryan Clark à l’issue du match : « Même une mauvaise équipe de Pittsburgh devrait être capable de gagner ce match à chaque fois ». Cette défaite traduit bien le fait que les Steelers de cette année sont une équipe à laquelle il manque quelque chose… ou quelqu’un.
« We’re better than this » a laché Ward aux journalistes ; c’est certainement vrai quand on repense à l’équipe qui avait battu les Broncos à Denver 28 à 10 dans un superbe match qui leur donnait une sixiéme victoire en huit matchs, mais depuis chaque journée révèle une nouvelle lacune de Pittsburgh. Après des équipes spéciales à la dérive, une défense incapable de se créer un turnover ou de fermer le match dans les dernières secondes (comme contre Oakland), ce week-end on a vu une ligne offensive sombrer sur les bords du lac Erie : 8 sacksSack
plaquage du QB dernière la ligne de scrimmage (perte de terrain). concédés contre les Browns qui sont la pire défense de la ligue !
Willie Colon a reconnu avoir certainement joué son pire match de la saison, mais malheureusement il n’a pas été le seul : le naufrage de la ligne a été collectif et Roethlisberger l’a pris en pleine face. Aucun temps pour lancer le cuir, aucune possibilité de jouer long et donc seulement 3 sur 14 en 3éme tentatives ; Mendenhall a lui aussi souffert de l’incapacité de sa ligne à le protéger. On savait depuis le début de la saison que la ligne était le point de faiblesse des Steelers mais avant ce match on ne l’avait jamais autant ressentie à la rue. L’année prochaine, il va falloir faite ce qui a été trop longtemps repoussé : investir dans des hommes de lignes pour épauler Chris Kemoeatu
”Making Moves” dixit Mike Tomlin
Le coach l’avait déjà dit la semaine dernière : pour renouer avec le succès les Steelers vont devoir changer de mentalité et revoir la confiance qu’ils accordent à certains de leurs titulaires. Même si la chasse aux sorcières me paraît un peu précoce, il est sur qu’elle devra être envisagée très prochainement sur les bords du lac Erie si l’équipe veut mettre fin à sa série noire. Des vétérans en feront peut-être les frais comme James Farrior qui pourrait ceder sa place à Keyaron Fox. Mais pour moi, une révolution des hommes sera nécessaire, mais le style de jeu devra aussi évoluer sur le plan offensif.
La première « révolution » devra concerner les équipes spéciales qui sont l’une des clés du la victoire en NFL : quand vous partez sans cesse de vos propres 20 yards c’est plus difficile que quand le relanceur gagne une quinzaine de yards de marge. En défense, la situation des Steelers était particuliérement critique, mais Tomlin a fait des bons avec la signature du linebackerLinebacker (LB)
joueur de la défense polyvalent qui constitue le 2ème rideau défensive. Rocky Boiman et du corner Anthony Madison… restes à trouver une équipe spéciale offensive performante. Les relances sur Kick-return sont correctes (Stefan Logan a réalisé deux bons retours dans la saison) mais pas suffisante pour donner de l’air à l’attaque de manière systématique : Mike Wallace pourrait être un bon détonateur dans ce secteur de jeu car il a une vitesse de pointe ébouriffante… mais Logan reste un bon joueur. Par contre, sur les retours de PuntPunt
action utilisée en 4ème tentative et x yards à parcourir. Plutôt que de tenter les x yards, l'attaque choisit de botter le plus loin possible pour faire reculer son adversaire., les Steelers doivent tout changer : c’est en effet l’équipe qui fait le plus de fair catch de la saison ; cela est révélateur de l’incapacité des bloqueurs a protéger le relanceur ; que Tomlin mette Mewelde Moore, Stefan Logan ou Santonio Holmes ne changera rien tant que les équipes spéciales ne joueront pas a fond sur les punt.
En attaque, il faut vraiment que Bruce Arians donne de la fantaisie à l’équipe comme je l’avais déjà écris précédemment (http://fanfl.usfoot.com/actualites.php?r=5173&t=2). Les Steelers ont un second quarterback qui est un coureur impressionnant, ils ont Mewelde Moore et Stephan Logan qui sont des coureurs/receveurs : qu’attends l’équipe pour jouer des jeux de passes ou le coureur est une vrai cible et pas un leurre auquel plus personne ne croit ? Qu’attends Arians pour jouer des wildcats avec Dennis Dixon qui a prouvé contre les Ravens qu’il savait courir et passer ? Personnellement je n’ai jamais été fan de la formation Wildcat mais utilisé avec parcimonie elle fait des merveille et ce n’est pas la défense des Steelers qui dira le contraire après avoir pris plus de la moitié du terrain sur une Wildcat de Joshua Crib jeudi.
Il faut aussi que Roethlisberger apprenne à davantage se protéger et à utiliser ses cibles proches (Matt Spaeth n’a été visé aucune fois contre les Browns) pour écarter la défense adverse. A force de vouloir trouver le gros jeu, Roethlisberger soumet à rude épreuve sa ligne offensive (déjà poreuse) et n’implique pas tout l’effectif dans le jeu de passe : les coureurs font des tracés en vain, les Tight-end sont trop souvent ignorés au profit d’un receveur parti sur la profondeur.
En défense, l’absence de Troy Polamalu a certes fait extrêmement mal : 7 interceptionsInterception
passe du QBQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs. rattrapée par un défenseur (un adversaire). réussies lorsque Polamalu à joué, 1 seule lorsqu’il n’a pas joué. Rappelons que Polamalu n’a joué qu’un match en entier et 2 mi-temps. Avec leur SafetySafety
Signifie deux choses différentes :
1- c'est le plaquage du porteur du ballon dans sa propre zone d'en-but. Cela rapporte 2 points à l'équipe qui l'effectue et elle récupère la possession du ballon. L'équipe victime du safety va alors dégager depuis ses 20 yards au moyen d'un botté façon punt.
2- c'est un poste en défense. Le safety est en quelque sorte le dernier rempart. Il tient en quelque sorte le rôle d'un libéro en football européen. ils ont forcé 11 turnover, sans lui seulement 5. Comment est-ce possible qu’une équipe dépende à ce point d’un joueur ? comment est-ce possible qu’il soit le seul capable d’intercepter le cuir ? simplement parce que la défense longue est à l’agonie dans les airs et n’est pas capable d’anticiper comme sait si bien le faire Polamalu : les joueurs respectent (plus ou moins bien) leurs tracés mais ne savent pas lire un tracé court pour surprendre le quarterback adverse en coupant la trajectoire. Le seul qui sait le faire c’est Ike Taylor, mais Taylor à des mains carrés et se contente à chaque fois de détourner le cuir.
William Gay avait joué l’an passé 50% des jeux (Bryant McFadden avait joué les 50 autres pourcents) et il avait bien joué sur un type de jeu ; cette année Gay a montré ses limites et ne peut raisonnablement pas être mis sur une ile avec un receveur. A mon avis, il ne serait pas titulaire dans beaucoup d’équipes NFL. Quand à Deshea Townsend, ses meilleures années sont révolues : ce n’est plus qu’un fantôme en défense longue et il doit passer la main.
Ike Taylor est le seul défenseur long, avec Ryan Clark, qui mérite sa place en défense… mais ni Taylor, ni Clark, ne sont capable de capter un ballon. En soit ce n’est pas un soucis car ils couvrent excellemment le terrain, ce qui est un soucis c’est que lorsqu’il n’y a personne d’autre capable d’intercepter, ces deux bons joueurs se contentent de voir le ballon passer du coté opposé.
En défense, une autre absence à été trop négligée : Aaron Smith. Smith n’est certes pas le plus gros joueur en terme statistique, mais il ouvrait la voie aux linebackers extérieurs et à LaMarr Woodley en particulier. En son absence, Kirschke, Eason et Hood ont été essayés mais aucun n’a son impact. Le problème est que l’an passé Aaron Smith sera retraitable, et si à la draft les Steelers ne trouvent pas son remplaçant il va falloir négocier un transfert pour redonner à l’équipe sa capacité à blitzer et à sacker afin de fermer le jeu quand il le faut.
En conclusion, l’année 2009 sera celle de la déception pour Pittsburgh; de la déception surtout parce que malgré leur sous-performances ils avaient su combler dans le jeu aérien les lacunes évidentes de la ligne offensive et de la défense en début de saison. Le début de saison aura maintenu artificiellement l’espoir, l’hiver aurait ramené à la réalité d’une équipe qui doit évoluer offensivement et revenir à ses fondamentaux défensif.