Patriots : la fin d'une époque?

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le 05/01/2009 à 00:00 par Thomas Depaepe
Mise à jour du 20/10/2010 à 21:03
Après leur non qualification pour les playoff cette saison, les Patriots sont de plus en plus souvent décris comme une escouade en fin de cycle.
Trois raisons sont principalement invoquées pour mettre au placard la franchise des années 2000 (3 superbowl gagnés, 4 titres AFC, 7 participations aux playoffs et 6 titres de division) : l’inconnu Brady et les départs probables de Josh McDaniels et Scott Pioli.

Le genou de Brady
Sur Tom Brady les choses sont assez claire : on a aucune visibilité sur son niveau a venir après sa chirurgie réparatrice du genou. Cassel reste le numéro 2 pour l’instant malgré sa très bonne saison car Brady est d’un calibre bien supérieur (s’il est en forme) ; mais si Brady n’est pas à 100% opérationnel, Matt Cassel rempilera pour une seconde saison.

Le duo McDaniels-Cassel
L’extraordinaire saison 2007 de Brady, la très bonne saison 2008 de Cassel sont à mettre au crédit d’un jeune coach offensif hyper talentueux : Josh McDaniels. Celui qui a fait toute sa carrière aux Patriots (comme assistant en défense puis comme coach des quarterbackQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs.
) a pris les commandes en 2006 suite au départ de Charlie Weis à l’université de Notre Dame. En réalité McDaniels a aussi appelé les jeux en 2005 lorsque le poste de Coordinateur offensif était vacant.
En très peu de temps démontré ses capacités d’organisation de l’attaque et de gestion des crises : perte de Brady ou perte d’un jeu de course dominant. Avec de telles capacités il est évident que beaucoup de franchises NFL souhaitent en faire leur nouveau Head Coach : pour l’instant les Broncos tiennent la corde.

Mais ce qu’espèrent plus ou moins ouvertement certaines franchises c’est qu’en recrutant McDaniels elles aient aussi Matt Cassel par la même occasion. En effet, Cassel est en fin de contrat et est suffisamment intelligent pour savoir qu’il a pu briller d’abord grâce au système McDaniels : en effet, si celui qui n’avait jamais été titulaire une seule fois à l’université d’USC a pu signer 11 victoire cette saison, c’est d’abord grâce a l’efficacité des Pats et à leurs choix stratégiques.
Dés lors, si Cassel part, il y a de forte chance qu’il préfère aller avec son ancien coach plutôt que dans une franchise qui lui promette beaucoup d’argent.

La fin de l’association Belichick-Pioli ?
Enfin, il y a le cas le plus épineux : Scott Pioli ! Son nom ne vous dit peut être rien, mais c’est avec Bill Belichick l’artisan du succès récent des Patriots. Son départ (pour les Browns apparemment) pourrait être dévastateur pour une franchise qui a été littéralement forgée par le couple Pioli/Belichick.
En effet, depuis 2000 aux cotés du taciturne Belichick, le directeur du personnel Scott Pioli a aidé a la construction d’une escouade solidaire alors que dans le même temps des franchises recrutaient des noms.
Pour le duo Belichick/Pioli l’écueil a éviter pour rester au très haut niveau est trop miser sur quelques joueurs au lieu de valoriser le collectif ; et cette stratégie a été payante : en 2003, lorsque les Pats remportent le superbowl ils ont aligné 42 joueurs différents (en tant que titulaire) durant la saison.
Lors des 5 dernières saisons, les Pats alignent en moyenne 40 titulaires par saison ! Cela prouve leur capacité de faire face aux blessures et la profondeur de leur équipe ! Car les remplaçant s’intègrent parfaitement et ne font jamais baisser le ratio de victoire. Cassel en est l’illustration parfaite : le système Patriots peut se passer même du joueur le plus talentueux de l’escouade.

L’autre qualité de ce directeur du personnel a été de savoir choisir au bon moment. Belichick est un redoutable scout : il sait repérer les talents, leur donner le temps d’apprendre… Pioli sait lui quand et comment recruter au mieux des intérêts de son équipe. Il sait recruter des free-agent au plus bas de leur côte : Wes Welker, Corey Dillon, Larry Izzo, Mike Vrabel, Rodney Harrison, Junior Seau.
Il sait aussi remarquablement faire les bons choix lors de la draft.

Le cas Jerod Mayo, qui vient d’être élu rookie défensif de l’année, est l’illustration parfaite du système mis en place par Belichick/Pioli lors des drafts :
- En 2007, les Pats ont le 27éme tour de draft ce qui est assez moyen : ils font donc savoir qu’ils sont prêt a s’en séparer. Mais en même temps, ils vont trader Deion Branch aux Seahawks réalisant une superbe opération qui leur permet d’avoir le 24éme choix pour un joueur avec lequel ils sont en délicatesse (en partie de leur faute).
- Leur 27éme tour, ils l’offrent aux 49ers qui veulent un homme de ligne offensive (Joe Staley) en plus de Patrick Willis qu’ils ont déjà pris. En échange les Pats prennent le premier tour de draft 2008 de San Francisco.
- Pour parachever le tout, Pioli négocie avec les Raiders pour récupererRandy Moss contre un éniéme tour de draft (le 110 choix de 2007).
- A la draft 2008, les Patriots perdent leur premier choix (spygate oblige) mais comme ils avaient celui des 49ers ils disposent du 7éme choix !
- Le 7éme choix ne semble pas pertinent à Pioli : en effet, Mayo qui était leur cible été prévu aux alentours du 15éme choix ; dés lors, les Pats ont monnayé leur tour avec la Nouvelle Orléans qui voulait Sedrick Ellis d’USC. Cette stratégie (faire l’impasse en 2007 et échanger le 7éme choix contre un choix plus bas) c’est avéré payante et économe car Mayo a demandé un salaire moindre que les linebackerLinebacker (LB)
joueur de la défense polyvalent qui constitue le 2ème rideau défensive.
Vernon Gholston (Jets) ou Keith Rivers (Bengals) partis plus hauts que lui.

Cette manière d’arranger les coups, de drafter toujours au juste niveau et de prévoir une ou deux draft à l’avance est la marque de fabrique d’un administrateur fabuleux. C’est son association avec un coach remarquablement habile pour dénicher des joueurs susceptible de s’intégrer a son schéma qui a fait des Patriots une équipe d’excellence.

Pour moi, Belichick/Pioli est ce qui se fait de mieux en termes de recrutement et de management d’équipe ; avec son départ, il n’est pas sur que Belichick dispose d’autant de latitude pour recruter à bon escient.

2009 s’annonce en tout cas comme une année charnière pour les Patriots; il est fort probable qu'une époque se tourne avec ces départs dans l'encadrement, mais de là a y voir la fin d'une escouade de talent, je pense que c'est aller trop vite en besogne.
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 Je n'irais jamais vers quelqu'un pour le blesser délibérément à moins que ça ne soit, vous savez, important… comme un match de championnat ou quelque chose comme ça.  – Dick Butkus, ancien linebacker des Chicago Bears (1960/70)

En VO :  I wouldn't ever set out to hurt anyone deliberately unless it was, you know, important… like a league game or something. 

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