Les Packers enfilent le costume d’outsiders

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le 17/12/2009 à 00:00 par François Martinez
Mise à jour du 20/10/2010 à 21:03
Malgré cinq victoires de suite, qui leur permettent de présenter un bilan de 9-4, les Green Bay Packers ne remporteront pas la NFC Nord. Car non comptant d’être menée par les Vikings du Minnesota par deux succès, la franchise du Wisconsin a été balayée par son rival de division cette saison.
Mais attention ! Les Packers sont une équipe à prendre très au sérieux. Après un début de saison miné par les blessures et une adaptation plus longue que prévue à un nouveau système défensif, Green Bay se construit une confiance qui pourrait bien s’avérer décisive en Janvier.

Une O-line retrouvée

Les chiffres étaient aberrants. A la fin de la défaite face à Tampa Bay le 8 novembre, l’attaque des Packers avait subit la bagatelle de 37 sacksSack
plaquage du QB dernière la ligne de scrimmage (perte de terrain).
, le pire total de la ligue. On extrapolant à la fin de la saison, le chiffre aurait atteint 74 unités.
Mais alors que Aaron Rodgers était en course pour être l’un des quarterbacks les plus sackés de ces dernières années, les Packers ont retrouvé des éléments clés dans leur ligne offensive qui donne de la stabilité à l’attaque des Verts.
Le retour au jeu de Mark Tauscher, gravement blessé à la fin de l’année dernière, et celui de Chad Clifton après un début de saison miné par les pépins physiques, ont solidifié la ligne offensive.
Celle-ci, non comptant de protéger son quart arrière, ouvre des brèches pour Ryan Grant. Le coureur peut alors en profiter, comme cela a été le cas contre Chicago dimanche (137 yards ; 6,8 de moyenne), San Francisco le 22 novembre (129 yards ; 6,1 de moyenne) ou encore Dallas la semaine précédente (79 yards ; 4,2 de moyenne).
Mais c’est surtout sur le jeu de Rogers que l’impact de la O-line se ressent le plus. Le numéro 12 ne s’est retrouvé que dix fois au sol depuis la semaine 9, soit 2 fois par matchs seulement. Il n’en faut pas plus au quarterback pour prendre confiance et briller en particuliers lors des troisièmes tentatives (11 essais et 0 interceptionInterception
passe du QBQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs.
rattrapée par un défenseur (un adversaire).
dans ces situations).

La touche Dom Capers

La saison dernière, les Packers ont laissé filer de nombreux matchs à cause d’une faiblesse défensive inquiétante. Très mécontent du niveau de jeu de celle-ci (22ème de la ligue en termes de point encaissés), Mike McCarthy a décidé de changer le système défensif de son équipe. Or, le passage d’une défense 4-34-3
formation défensive avec 4 linemen et 3 linebackers.
à une défense 3-43-4
formation défensive avec 3 linemenLinemen
littéralement, les hommes de la ligne (de scrimmage). Il y a les linemen offensifs et les défensifs. Ils s'opposent dès le snapSnap
signal de départ de l'action, quand le centre transmet la balle au QB.
donné.
et 4 linebackers.
(ou inversement) prend généralement plus d’une saison. En effet, les caractéristiques de certains postes (defensive end, defensive tackle et linebackersLinebacker (LB)
joueur de la défense polyvalent qui constitue le 2ème rideau défensive.
) sont totalement différentes d’un système à l’autre.
Les Packers ont placé cette difficile transition à un maître de la défense 3-4, Dom Capers. L’ancien coach des Texans a connu des débuts très difficiles.
L’un des nombreux sujets de controverses concernait Aaron Kampman. L’ancien defensive end, passé linebacker extérieur dans la défense de Capers, semblait particulièrement mal à l’aise. Le joueur lui-même avait émit des réserves sur ses capacités à s’adapter à ce nouveau système. Mais le temps passant, le travail commençait à faire son effet. Malheureusement Kampman s’est blessé il y a quelques jours pour le reste de la saison.
Mais qu’importe, son remplaçant, le rookie Brad Jones, a plus que satisfait les attentes de ses coachs. Le jeune linebacker se révèle totalement dans un système qui lui convient bien. Il profite aussi d’une ligne défensive très efficace.
L’un des éléments clés de celle-ci n’est autre que Ryan Pickett. Associé à Cullen Jenkins et Johnny Jolly, l’ancien Ram compose une ligne qui effectue un travail colossal pour ses linebackers. En particuliers, Jenkins qui avec ses 4,5 sacks, 4 fumblesFumble
quand le porteur du ballon laisse échapper celui-ci par maladresse ou suite à un choc. Le ballon est alors à terre mais vivant et c'est la 1ère équipe qui le ramasse qui en prend la possession. Avec les interceptions, le fumble est la seconde façon de rendre le ballon à l'adversaire. Ensemble, ils constituent des Turnovers (pertes de balle). C'est souvent cette stat. qui décide de l'issue de la rencontre.
provoqués et 1 interception réalise l’une des ses meilleures saisons. Le rookie B.J. Raji y va aussi de sa petite contribution en prenant régulièrement le relais de Pickett.
Jones n’est pas le seul rookie à briller dans le nouveau système de la franchise du Wisconsin. Clay Matthews montre également tout l’étendu de son talent en particulier pour chasser le passeur adverse (8 sacks). La vitesse et l’explosivité des deux linebackers extérieurs sont un danger constant pour les quarterbacks.
L’arrière garde défensive n’est pas en reste. Alors que l’inquiétude était grande lorsque les Packers ont appris la blessure pour toute la saison d’Al Harris, il semblerait que celle-ci soit capable de surmonter l’obstacle. Le niveau de jeu de Charles Woodson n’est pas étranger à cela. Le cornerback vétéran est un candidat sérieux pour le trophée de défenseurs de l’année avec 8 interceptions, 4 fumbles provoqués et 2 sacks. Il fait sans conteste partie des meilleurs arrières défensifs de la ligue aux côtés de Nnamdi Asomugha. Associé à Nick Collins (6 interceptions), Woodson a réalisé 14 des 24 interceptions des Packers.

Les Packers possèdent sans contestation les armes nécessaires pour faire un bon parcours en playoffs. Ils sont capables de faire courir le cuir et leur quarterback est l’un des meilleurs de la NFL lorsqu’il est bien protégé. Green Bay a également une défense de fer aussi bien contre le jeu de course (85 yards, 2ème de la ligue) que contre la passe (187 yards, 3ème de la NFL).
Mais ils vont devoir corriger aussi deux grandes faiblesses avant le mois de janvier. D’abord, ils rencontrent des problèmes réguliers lors des équipes spéciales. Par-dessus tout, ils doivent corriger leur indiscipline. Green Bay est la pire équipe de la ligue en terme de pénalité. Deux secteurs qui pourraient couter cher dans les matchs couperets des phases finales.Four downs :

1-Coup de chapeau à la ligne offensive des Dolphins de Miami. Elle est une grande artisane dans le fait que la franchise floridienne soit encore en course pour les playoffs. Car malgré l’absence de Ronnie Brown pour le reste de la saison, Ricky Williams a pris le relais dans le jeu au sol avec un certain succès. Chad Henne profite également d’une bonne protection.

2-Ses performances passent assez largement inaperçus parce que les Chiefs de Kansas City sont trop faibles, mais Jamaal Charles à briller ces dernières semaines. Derrière une ligne offensive pas vraiment irréprochable, le running backRunning Back (RB)
Terme générique qui englobe les HB et les FBFullback (FB)
coureur puissant et polyvalent. Il joue le rôle de bloqueur, de receveur et de bulldozer balle en main. Constitue avec les halfbacks (HB), les running backs (RB).
.
a tourné à plus de 90 yards de moyenne lors des cinq dernières semaines. Sa vitesse et son explosivité sont l’une des rares satisfactions pour les Chiefs cette saison.

3-Après la nomination de Charlie Frye comme titulaire chez les Raiders à la place de Bruce Gradkowski, JaMarcus Russell peut commencer à faire ses valises. La liste des détracteurs du jeune quarterback ne cesse de s’allonger et quant on sait que Russell a précisé qu’il ne reverra pas son contrat à la baisse (comme Alex Smith l’a fait avec les Niners), on peut se demander où se situera l’avenir de l’ancienne vedette de LSU.

4-On a coutume de dire qu’une bonne défense et un jeu au sol performant sont des éléments clés pour remporter une rencontre, en particuliers lors des phases finales. Mais les Cincinnati Bengals ont montré les limites de cet adage face aux Vikings en n’engrangent que 94 yards par la voie des airs. L’attaque de Marvin Lewis devrait vite s’inquiéter de ce problème sous peine de faire un très court séjour en playoffs.
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 J'ai le sentiment d'être le meilleur, mais vous ne me prendrez pas à dire ça.  – Jerry Rice, légendaire WR des 49ers de San Francisco

En VO :  I feel like I'm the best, but you're not going to get me to say that. 

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