Les meilleurs Quarterbacks à la loupe

Si le débat est bien connu, il est évident qu’il est impossible à trancher de manière définitive et chaque remarque renvoi à d’autres questions. « Plus nous en savons, plus nous savons que nous ne connaissons rien » avait écrit Ignacio Ramonet il y a quelques années ; certes nous n’en sommes pas là mais si le débat qui va nous intéresser est bien connu, il est aussi clair qu’il est bien difficile d’avoir un avis tranché et totalement éclairé sur le sujet.
Le sujet c’est la question est prosaïquement : qui est le meilleur quarterback en activité et pourquoi?
Afin de restreindre le champ de l’analyse, j’ai fait un choix en ne prenant en compte que 5 QBQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs. dans mon analyse par esprit de concision et parce que j’estime que ce sont l’élite actuellement : Brady, Brees, P. Manning, Rodgers et Roethlisberger. Les oubliés sont Rivers ou Eli Manning, mais j’assume car ces derniers n’ont pas à mon sens le même rendement.
En outre, je précise que j’ai commencé cet article il y a quelques semaines, ce qui explique que les statistiques soient arrêtées à la 11éme journée.
En espérant humblement apporter ma modeste contribution au débat.
Les statistiques individuelles en saison
En terme de performance « personnelle », on se rend compte immédiatement d’une chose : la domination statistique de Rodgers de Green Bay. Certes sa domination se situe sur beaucoup moins de matchs car il est titulaire depuis moins longtemps que les 4 autres, mais elle est indéniable : 3 TD pour 1 InterceptionsInterception
passe du QB rattrapée par un défenseur (un adversaire)., une interception toutes les 50 passes tentées contre un TD toutes les 17 passes !
A l’autre extrême du classement, on retrouve 2 joueurs qui sont pénalisés par le nombre d’interceptions lancées : Drew Brees et son jeu très vertical et Ben Roethliberger.
Sur ce point Big Ben est en très nette amélioration car l’an dernier il n’en a lancé que 5 après des saisons beaucoup plus mauvaises (23 Int en 2006), alors que Brees est stable d’année en année avec au moins 11 interceptions par an.
saison | |||||||
rating | TD | Int | ratio | Nbr passes tentée | 1 Int toutes les x passes | 1 TD toutes les x passes | |
Aaron Rodgers | 101,9 | 107 | 35 | 3,1 | 1850 | 50 | 17 |
Tom Brady | 95,6 | 277 | 111 | 2,5 | 4947 | 42 | 17 |
Peyton Manning | 94,9 | 399 | 199 | 2,0 | 7210 | 34 | 18 |
Ben Roethlisberger | 92,7 | 156 | 92 | 1,7 | 3034 | 31 | 19 |
Drew Brees | 92,5 | 253 | 140 | 1,8 | 5121 | 35 | 20 |
Une statistique (entre autre) manque dans le tableau : le % de passes réussies ; mais cet oubli est volontaire car tous les 5 ont le même pourcentage de réussite à 2% prés : cela va de 63,1 pour Big Ben à 65,4% pour Brees. Les 5 sont donc également précis et sont tous les 5 au-dessus de la moyenne NFL. La différence de précision entre certains joueurs s’explique par la profondeur et le type de jeu amenant les passes : on voit par exemple que Brees est le plus précis mais aussi celui qui tente le plus de passes courtes (il a une moyenne de 7,37 yards par passe réussie) alors que le moins précis des 5, à savoir Roethlisberger, est celui qui lance le plus long avec 8,06 yards par passe. Mais là encore, Rodgers sort son épingle du jeu avec 8,16 yards par passe et 65,4% de réussite !
Evidement le % de passes réussies dépend aussi de la capacité des receveurs à capter le cuir, mais de ce côté-là tous sont également « vernis » donc pour moi c’est un non facteur.
Avec les statistiques que j’ai isolé, ce qu’on ne voit pas par contre c’est qu’un joueur comme Roethlisberger ne tente pas le même nombre de passes sur un match que les autres : 28 passes par match contre plus de 30 pour tous les autres et 35 pour Brees. Il est donc plus difficile de l’évaluer sur son jeu purement statistique. Là on touche à la philosophie de l’équipe : en effet les Steelers tentent 60% de leurs jeux au sol, alors qu’une équipe comme les Saints est à plus de 65% sur l’aérien.
Les statistiques individuelles en playoffs
Les résultats sont plus difficiles à analyser puisque Rodgers ou Brees n’ont que deux participations aux playoffs alors que Manning a joué plus de 10 playoffs.
playoff | |||||||
rating | TD | Int | Ratio | Nbr passes tentée | 1 Int toutes les x passes | 1 TD toutes les x passes | |
Aaron Rodgers | 111,6 | 13 | 3 | 4,3 | 174 | 54 | 13 |
Drew Brees | 103 | 15 | 2 | 7,5 | 285 | 135 | 19 |
Tom Brady | 85,8 | 30 | 16 | 1,9 | 682 | 41 | 22 |
Ben Roethlisberger | 84,6 | 19 | 16 | 1,2 | 369 | 22 | 19 |
Peyton Manning | 85,5 | 29 | 19 | 1,5 | 718 | 36 | 24 |
Ce que l’on voit immédiatement c’est le décrochage entre Rodgers/Brees (qui ont tous les deux réussis à engranger un SB) et les 3 autres… sauf que ce ne sera que dans la durée que l’on pourra savoir si ce décrochage est justifié ou pas.
Pour Roethlisberger, il faut rappeler que ses statistiques sont plombées par son premier Superbowl gagné ou il a rendu une fiche de 22,6. Sans cela, il a toujours signé des performances dans les 90 (soit au-dessus de Brady)… mais tout doit compter, même les matchs ratés.
Les statistiques de Peyton Manning ne sont pas si mauvaise qu’il y parait de prime abord… mais quand on les compare avec ses performances en saison réguliére, force est de constaté que Manning souffre en playoff. Et lorsque l’on fait le différentiel match à domicile/extérieur, c’est peu flatteur pour lui car dès qu’il est loin du Lucas Oil c’est catastrophique.
Tom Brady, égal à lui-même, régresse quelque peu en passant de la saison aux playoffs (il baisse surtout son ratio de TD lancé) mais si on regarde sa performance dans le Big Game on ne peut être qu’impressionné : 4 SB dont 3 gagnés, 7 TD pour une interception, un rating de 94,5… de quoi faire rêver les 4 autres !
Le style de jeu :
Ce n’est certes pas statistique mais cela joue forcément dans l’évaluation du niveau de ces 5 joueurs.
Pour caricaturer, nous pouvons dire que 3 des 5 sont des pockets QB (Brady, Brees et Manning), 1 est un scrambler sans être Vick pour autant (Roethlisberger) et un est un pocket QB qui dispose de la capacité d’évasion (Rodgers).
Il est clair que le style de jeu de Roethlisberger explique en grande partie son retard statistique sur les autres : le fait d’être fréquemment hors de sa poche et dans la prolongation du jeu, et sa volonté de ne pas se séparer du cuir en touche… le conduit à beaucoup d’interceptions. Mais il faut mettre en relation le nombre de sacksSack
plaquage du QB dernière la ligne de scrimmage (perte de terrain). évités (où il est champion toute catégorie de cette catégorie avec plus de 1,8 par matchs en moyenne sur sa carrière).
En outre, Brady est de plus en plus dans une démarche de passes courtes qui le favorise statistiquement ; ce type de passe est favorisée par diverses évolutions réglementaires (defenseless receiver par exemple) et Wes Welker en profite directement (capter 15 passes par match dans la zone des linebackersLinebacker (LB)
joueur de la défense polyvalent qui constitue le 2ème rideau défensive. était inconcevable il y a encore 2 ans car le joueur qui aurait fait cela aurait fini « décapité » par les défenseurs).
Conclusion
Comme expliqué en introduction, je laisse chacun conclure ce qu’il veut à la lecture de ces statistiques. Mais je dois confesser que je n’avais jamais réalisé à quel point Aaron Rodgers était en train de devenir un joueur dominant dans la ligue… bien qu’évidement je sois impressionné (et un peu irrité J) par son jeu semaine après semaine dans cette saison qui s’annonce déjà comme finissant à Indianapolis pour GB.
Pour information, je prépare un complément sur l'apport de ces 5 quarterbacks dans le ratio de victoires de leurs différentes équipes.