Faisons le point sur le Cheerleading

Personnellement je n’ai jamais vraiment accroché au concept de cheerleading et je suis plutôt fier que l’équipe que je soutiens en NFL n’en est pas pour cause de climat un peu rude pour le port mini-jupe (coté fille) ou le marcel (coté homme). Malgré tout je vais continuer cet article car le cheerleading est un aspect incontournable de la NFL dans l’esprit de beaucoup de personnes du fait du cinéma et des séries (Heroes ou Friday Night Light dernièrement) ayant fortement ancré le mythe dans l’imaginaire collectif.
Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne faut pas confondre les Cheerleaders américaines avec les adeptes du twirling bâton qui œuvrent dans les harmonies nordistes ; en effet, le pseudo anglicisme pompom-girl ne reflète pas totalement la réalité : les Cheerleaders américaines ne sont pas forcément des personnes du sexe féminin… même si dans la majorité des cas ce sont des filles en NFL (pensons par exemple aux Ravens qui ont autant d’hommes que de femmes dans leur équipe de Cheerleading). Et oui ca m’a fait un choc de l’apprendre il y a quelques années ! Et encore plus un choc lorsque j’ai appris que Franklin Delano Roosevelt avait été Cheerleader (à Havard) tout comme pas 3 autres présidents américains : Ronald Reagan, George Bush père ou Dwight D. Eisenhower.
En plus cette pratique est très encadrée aux USA et il ne suffit pas de s’inscrire dans une association ou une harmonie pour avoir le droit de faire des figures sur un bord de terrain NFL. Il faut avoir fait ses preuves en université, faire des castings professionnels, passer des entretiens, savoir monter au sommet d’une pyramide humaine et signer un contrat semi-pro de 1 à 4 ans qui donne le peut donner droit à un salaire par match et un complément de salaire en fonction des manifestations auxquelles elles participent.

Avant 1954 aucune équipe NFL n’avait recours à ces personnes bondissantes sur les bords du terrain (même si Green Bay invitait de temps en temps les collèges alentours à venir faire la claque) mais cette année là les Colts se sont dit que ca serait pas si mal d’occuper les spectateurs durant les temps morts. Presque toute les équipes vont les imiter durant les sixties et l’imagerie « cheerleaders » va se rependre rapidement via les comics ou le cinéma. Aujourd’hui 5 équipes n’ont pas de Cheerleaders (Cleveland, Detroit, Green Bay, New York Giants, Pittsburgh) ; toutes ces 5 franchises sont « nordistes » mais toutes les franchises nordistes n’ont pas refusé d’avoir des Cheerleaders : New England ou Baltimore, par exemple, en ont bien qu’ils jouent plus souvent sous la neige qu’en plein soleil. Seule concession à l’uniforme traditionnelle des cherleaders, celles du nord arbore fièrement le col roulé et le survêtement. En parlant des Cheerleaders des Patriots, une « affaire » de soirée alcoolisée et de racisme les avait mis au devant de la scène il y a quelques années… mais cela est une autre histoire (tapez « Caitlin Davis » dans google si cela vous intéresse d’en savoir plus). Mais revenons à des choses plus prosaïques : l’argent et leur contrat.
Question contractuel, les cheerleaders doivent signer un code de conduite avec deux clauses principales :1) l’obligation de représenter le club sur au moins 20 événements par ans (visite dans les hôpitaux, tournées des points chauds en Irak ou Afghanistan pour le programme NFL de soutien aux forces armées, gala de charité...) et 2) l’interdiction de fréquenter les joueurs (si une cheerleader est dans un bar, il ou elle doit partir dés lors qu’un joueur arrive pour éviter toute insinuation médiatique). Depuis l’an dernier une troisième clause aurait pu faire son apparition après que deux cheerleaders des Panthers ont été arrêtés par la police en train de faire l’amour dans les toilettes d’un bar (la police avait été appelée par le barman car les clients fatigués d’attendre à la porte des toilettes menaçaient d’enfoncer la porte).
Les meilleures (les plus belles ?) cheerleaders de sexe féminin ont le droit à une élection qui permet à une vingtaine d’entre elles d’aller au Pro-Bowl (match exhibition avec les meilleurs joueurs de la saison). Je pense que l’on peut dire que cette élection est un minimum truquée car les vétérantes sont systématiquement élues et cela constitue bien souvent leurs adieux à la NFL car après 4 ans on leur montre la porte de sortie (qui débouche souvent sur un boulot dans la communication ou en temps que manager d’une équipe de cheerleader).
Histoire de faire tomber un mythe, signalons que la contrepartie financière est pour le moins modeste : entre 0 (chez les Redskins) et 60 dollars (chez les Chargers) par soir de match à domicile, 100 dollars environ par représentation assurée (au-delà des 20 premières dues à l’équipe) et 5 dollars par calendrier en maillot de bain ou en Mère Noël qu’elles arrivent a vendre (après le 100éme). Et 100 c’est pas mal une fois qu’on a mis toute sa famille a contribution.
Le peu d’argent que l’on peut se faire avec cette activité explique que tous et toutes doivent justifier d’un travail (mère au foyer étant considéré comme un full-time job) ou de la poursuite d’études supérieures déjà financées (par une bourse par exemple).
La finalité de tout cela me direz-vous ? 4 à 5 fois par match la télévision peut faire un plan de coupe pour lancer la pub aux USA… et avoir crée une image glamour pour la ligue.
J’espère ne pas avoir trop écorné le mythe en montrant que c’est une activité sous-payée et que les « love story » entre la capitaine des cheerleaders et le quarterbacksQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs. est beaucoup plus rare, et combattu que ne le montre le grand écran : une cheerleader des Redskins a été viré il y a 2-3 saisons pour avoir eu un rendez-vous avec Chris Cooley ; lui a écopé d’une amende mais aujourd’hui ils sont mariés (la non réciprocité des condamnation me semble un peu sexiste mais bon…).